Imagine un autre avenir !
Participer à un changement personnel et collectif
au cœur des défis écologiques
9 février 2019
                                                             Traces des exposés de Miche Maxime Egger (résumés par Thérèse et Jean-Claude)

1.    Le Hiatus entre ce que nous savons et ce que nous faisons

Éléments d’explication éco spirituelle et éco psychologique du hiatus entre
les informations (sur l’état de la planète) et l’insuffisance des changements de comportements.

Le système économique  ”croissanciste”, productiviste, consumériste, (CPC) qui repose sur une vision de la nature sans âme, vue comme un stock de ressources et de marchandises, nous a conduits dans l’impasse actuelle (crise climatique, croissance des inégalités, épuisement des ressources fossiles).
Tout le monde est au courant mais il y a un hiatus entre la gravité de la situation et la lenteur des changements !

- Pourquoi n’arrivons-nous pas à croire ce que nous savons ? Pourquoi avons-nous de la peine à entendre le cri de la terre ?
Hypothèses d’explication:
- Il y a division entre la tête et le cœur.
- Nous sommes déconnectés de la nature.
- Nous refoulons nos sentiments.
Pistes pour surmonter ce hiatus en ayant recours aux ressorts de la spiritualité chrétienne (dans la tension entre lucidité, espérance et foi- se reconnecter à nos émotions et à la nature
- oser transformer en souffrance personnelle la souffrance de la terre ;
accueillir les émotions ressenties sans jugement et accepter de les partager.
La tristesse est le signe de notre amour. La colère reconnue peut devenir source d’énergie. Pour Thich Nhat Hanh, le geste premier de celui qui veut sauvegarder la terre c’est « d’écouter en lui les échos de la terre qui pleure ».
D’autres pistes (ressorts intérieurs pour nos engagements):
- cultiver les énergies inépuisables que sont la joie, l’espérance, la gratitude
- mettre en œuvre notre imaginaire, visualiser les alternatives sans tout de suite se ruer sur les solutions)
- aller à la rencontre de ce qui est vivant en nous
- avoir la foi que c’est possible de s’en sortir. Les utopies deviennent une réalité
- se relier, conclure des alliances, travailler en intelligence collective









- prendre conscience que la logique d’émergence est plus forte que les logiques causales. (image du cocon de la chenille où s’activent les cellules imaginales du papillon)
II.             Changer notre représentation de la nature et de l’homme

Pour changer l’histoire, il faut changer d’imaginaire, en particulier de représentation de la nature et de la place de l’être humain dans la Création, une relecture autocritique de la tradition chrétienne.

                      Changer de regard, créer un nouvel imaginaire
Dans la société de consommation, l’imaginaire de ce qui est désirable c’est la croissance et la richesse. Devant l’évolution de la situation, un nouveau récit émerge : celui de l’effondrement, (NB. Pablo Servigne : Comment tout peut s’effondrer. Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes). Les chiffres, les statistiques sont un niveau de réalité mais pas le seul niveau.

Bien que nous soyons sur la ligne de crête de l’incertitude, nous pouvons sentir au fond de nous-même où nous avons envie d’être. L’ incertitude radicale quant à l’issue de la crise, nous invite à aller chercher les ressources aux racines. La tradition chrétienne en fait partie. Dans ce domaine nous devons être humbles et faire notre autocritique (de la tradition chrétienne). L’église n’a pas bonne presse dans le monde écologique qui voit dans le verset de Genèse 1.27-28, une incitation à l’action prédatrice !  [« Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu. Il créa l’homme et la femme. Dieu les bénit et leur dit :”Reproduisez-vous, devenez nombreux, remplissez la terre et soumettez-la ! Dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tout animal qui se déplace sur la terre.)
On peut rétorquer que dans la Bible il y a quantité d’autres postures (déjà en Genèse 2). En fait la tradition chrétienne est christocentrique, et ses valeurs fondamentales sont huilité, amour et service.

·       Changer notre vision de l’humain
Dans notre lecture des textes bibliques, nous avons à sortir de l’anthropologie cartésienne où l’homme est maître de la nature, en-dessus et en-dehors d’elle, et à évoluer vers d’autres anthropologies qui sortent de ce dualisme. Par ex :
Genèse 2.7 et 15 : Le Seigneur Dieu modela l’homme avec la poussière tirée du sol ; il insuffla dans ses narines le souffle de vie, et l’homme devint un être vivant... Le Seigneur Dieu prit l’homme et le conduisit dans le jardin d’Éden pour qu’il le travaille et le garde.
L’humain est créé le même jour et fait de la même glaise que les animaux. Il est partie du cosmos et porteur du cosmos, il est appelé à la compassion à l’égard de toutes les créatures. Membre de la grande fraternité du vivant, enfant du Père et de la Terre-mère, il est appelé à la fraternité. L’humain est un être frontière et un pont entre ciel et terre (Grégoire de Naziance ). Médiateur de la biosphère comme image de Dieu, il est appelé à la responsabilité.

·         Changer notre vision de la nature
Dans la Bible on ne parle pas de nature mais de création.
Le Divin anime et fonde l’humain ainsi que ”l’être” de tout ce qui existe. Le Logos a inscrit son logos dans chaque créature. Rien ne peut exister en-dehors du logos.  
La création est le lieu de la présence divine, le cosmos est un mystère bien plus grand que ce qu’en disent les lois physiques. Tous les êtres de la création (humains, animaux, plantes, éléments etc) sont une manifestation de Dieu.
C’est l’expérience de cette présence divine dans la création qui permet de développer les vertus écologiques :
1. Le respect pour les êtres et les choses avec la conscience que tout est DON
2. La gratitude envers chaque être, avec la conscience que tout est BON (Ge 1)
3. L’émerveillement
4. La responsabilité . Chaque créature est une parole de Dieu qui réclame une réponse.
On passe d’une relation utilitaire à une relation dialogale, d’une relation utilitaire et instrumentale à une relation de réciprocité (du Je-Cela au Je-Tu, de Buber). Cette relation dialogale laisse apparaitre le divin Tu.















III.       La Transition

a.     Essai de définition (Modèle de Ken Wilber)

La transition n’est pas juste une crise,  un mauvais moment à traverser, mais c’est un bouleversement systémique, l’expression de l’impasse du système économique basé sur la croyance en la croissance,... qui aboutit à la démesure !
Dans  la crise, trois choix s’offrent à nous
1°. Continuer comme avant : «Business as usual» (le développement durable fait partie de cette mouvance.)
2° Imaginer une grande désagrégation  et sombrer dans l’impuissance, la peur, le découragement,  ou l’indifférence qui fait le lit des populismes.
Entrer en transition.  
- La transition, c’est l’engagement personnel et collectif pour le passage de ce système vers une société où on cultive plus de liens, où on vit une sobriété heureuse. C’est le passage de la domination, séparation, peur à la coopération, sobriété, confiance, justice.
Puisque nous sommes dans une crise systémique (climatique, sociale, économique), dans l’impasse créée par un système de démesure qui se heurte aux limites des ressources, nous avons besoin d’une metanoïa individuelle et collective, radicale et globale (Patriarche Bartolomé).
Et là chacun peut se demander : dans quelle histoire, imagination, ai-je envie de me projeter ? Il faut plus qu’un engagement pour la sauvegarde de la création, il faut aller au-delà de notre système mortifère. Cela nous place devant le choix de Deutéronome. 30.15 : «Choisis la vie !» Nous pouvons devenir sage-femme d’un monde nouveau.

- La transition est aussi un mouvement dynamique. Les groupes découvrent qu’ils partagent une même histoire ; dont les caractéristiques sont :
1 Un ancrage local
2 Se relier à ceux qui partagent la même vision.
3 Lutter pour et avec, plutôt que contre (une approche participative).
4 Créer la solidarité pour être résilients
5 Créer des alternatives.
Le défi est immense mais toutes les révolutions ont été faites par des minorités ! Chacun tient le fil d’un autre possible

b.     Articulation entre la transformation de soi et la transformation du monde
La dimension spirituelle de la transition, la transition intérieure
Pour aller aux racines du problème (qui est le rationalisme, et qui a tué la dimension spirituelle) le changement nécessaire n’est pas seulement dans l’agir, mais aussi dans le rétablissement du lien au divin qui est à l’intérieur et à l’origine du cosmos.
Le lien au divin se développe dans la méditation. Le méditant – militant est une figure de celui qui cherche l’inspiration dans une relation de confiance rétablie avec le divin. Il n’agit pas à partir d’un «il faut»  mais à partir ce qui vibre en lui, de son désir profond. Des chemins de liberté s’ouvrent alors : nous allons
passer du guerrier puritain au coopérateur ludique (Patrick Viveret ),
passer du militantisme sacrificiel à l’intériorité citoyenne où chacun trouve son compte. (Thomas d’Ansembourg)

c.      Le militant-méditant, comme nouvelle figure de la personne engagée dans la transition
Principes de vie du militant méditant
1. Il adopte le principe du ”non-agir” plutôt que de l’action volontaire. Il se demande : qui est aux commandes quand je fais telle chose, est-ce l’ego volontaire ou une force d’amour qui agit en moi ?
2. Il passe du pouvoir sur (domination) au pouvoir de (empowerment,  intelligence collective)
3. Il substitue la fécondité à l’efficacité. (Contrairement aux pratiques des ONG de développement qui établissent des budgets, font des programmes et exercent des contraintes sur les partenaires). La fécondité vise le long terme, le non-mesurable, ce qui est souterrain et invisible et vise l’émergence plutôt que la production.
4. Il se détache du résultat. Il substitue le subtil à l’utile.
Dans un tissage sous la face visible (utile) de l’ouvrage , il y a un côté envers invisible (subtil). Sous la surface visible et matérielle du monde se joue une autre histoire encore invisible.
                                                                      

Imagine un autre avenir


Alors que la jeunesse se mobilise pour demander aux milieux politiques et économiques de prendre au sérieux l'urgence des mesures à prendre face au réchauffement climatique, nous nous sentons interpelés à faire notre part, dans le cadre de la paroisse de l'Entre2lacs et de l'atelier du Ruau.
Nous désirons y réfléchir  en compagnie de Michel Maxime Egger,  sociologue et écothéologien, responsable « transition intérieure » à Pain pour le prochain et vous invitons très cordialement. 

SAMEDI 9 FEVRIER AU FOYER

GRAND'RUE 15, ST-BLAISE

CONFERENCE, PARTAGE, ATELIERS, IMPULSIONS



UN AUTRE AVENIR ! 

PARTICIPER A UN CHANGEMENT
PERSONNEL ET COLLECTIF
AU COEUR DES DÉFIS ÉCOLOGIQUES


14H30-17H30 Comment la tradition chrétienne a failli et comment une nouvelle lecture des textes fondateurs peut nous aider à trouver inspiration et ressources pour traverser les crises.


18H00 Repas offert

20H00-21H30 Conférence de Michel Maxime Egger : Crise climatique et transition, comment faire face et agir au niveau citoyen?

Possibilité de participer à l’entier de l’événement ou uniquement à une seule partie.

Nous vous informerons également de quelques initiatives locales:

  • d'une rencontre en avril qui fera suite à la projection du film "Qu'est-ce qu'on attend" pour tous ceux qui ont envie de participer activement à la transition 
  • de l'ouverture d'une épicerie coopérative bio, séance d'information le 20 février à 20h au Foyer
  •  création d'un jardin collectif, possibilité de s'y joindre.

"Vous dites que vous aimez vos enfants plus que tout, 

mais vous détruisez leur futur devant leurs yeux. »  La jeune suédoise Greta Thunberg, 15 ans, a harangué les délégués de la COP24 dans un discours qui a déjà fait le tour du monde.  Lire la suite



#FridaysForFuture

L'interpellation de Greta a déclenché une onde de choc parmi les jeunes. Ce vendredi les étudiants suisses seront dans la rue pour relayer ce message et protester contre l'inaction des milieux politiques et économiques dans le dossier du réchauffement climatique. Ils seront là pour revendiquer le droit d'avoir un avenir sur une terre préservée.